Les travaux au château de Clisson

Des archéologues de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) interviennent sur la terrasse nord-est du château de Clisson.

travaux archéologiques au château de ClissonVue des travaux - Crédit : Roselyne Landais Lebreton

Restauration de la courtine nord du château de Clisson

Des travaux de restauration de la courtine nord du château de Clisson sont actuellement menés par le Département de la Loire-Atlantique: la poussée des terres de la terrasse nord-est du château de Clisson a rendu nécessaire un projet de restauration confié à l’Architecte en chef des monuments historiques, Pascal Prunet.

L’objectif de ces travaux est double :

  • Diminuer significativement le poids des remblais en remplaçant une partie des terres par un matériau plus léger.
  • Consolider la voûte de la galerie de souterraine aménagée dans l'épaisseur du soubassement du rempart, haut de plus de neuf mètres à l’extérieur du château.


L’opération de décaissement, sur environ cinq mètres de profondeur, dans une zone non explorée du château, a permis au service régional de l’Archéologie à la Direction régionale des affaires culturelles des Pays de la Loire (DRAC – Etat) de prescrire une opération de fouilles préventives sur l’emprise du projet. Le Département a confié à l’Inrap cette opération de fouille de novembre 2015 à janvier 2016.

Après les fouilles archéologiques, les travaux de consolidation de la courtine se poursuivront tout au long de l'année 2016.

Résultats des fouilles archéologiques

Un mur d’enceinte primitif et une galerie voûtée : tels sont quelques-uns des vestiges médiévaux et modernes mis au jour par les archéologues de l’Inrap au niveau de la terrasse nord-est du château de Clisson, un site classé monument historique à la confluence de la Sèvre et de la Moine. Ces découvertes apportent de nouvelles connaissances sur l’histoire du château et l’évolution de son front défensif nord. L’opération, prescrite par le service régional de l’archéologie (Drac des Pays de la Loire), s’inscrit dans le cadre de travaux de restauration menés par le Département de Loire-Atlantique. Propriétaire du site, le Département apporte une attention particulière à l’étude archéologique et à la restauration de son patrimoine dont il est responsable. Ces découvertes inédites répondent à des enjeux de conservation, de restauration, d'étude scientifique et de restitution des résultats auprès du public.

Un mur d’enceinte primitif

Implanté sur un éperon rocheux au XIe siècle, le château de Clisson devient une place forte stratégique à la frontière du Duché de Bretagne au XVe siècle. Au XVIe, le système défensif est renforcé par l’édification d’un bastion nord-ouest, d’une terrasse nord-est et d’un cavalier les reliant.

Lors de la fouille de la terrasse, plusieurs structures bâties sont apparues. Les archéologues ont dégagé un mur d’enceinte orienté nord-sud, devant le logis de la résidence seigneuriale. Probablement défensif, ce mur d’époque médiévale est construit en blocs de granite taillés et liés au mortier de chaux. Il mesure environ 1,80 mètre de large et 7 mètres de haut. C’est désormais le plus ancien vestige archéologique mis au jour dans le château de Clisson.

L’évolution du font nord du château de Clisson

Les archéologues ont aussi repéré une galerie, construite ultérieurement, qui délimite un espace attenant au logis nord de la résidence seigneuriale. La galerie comprend un couloir et une porte à l’extrémité ouest donnant accès à l’intérieur du château.  Le couloir long de 30 mètres et large d’un mètre environ, forme un coude avant de déboucher sur une poterne (porte extérieure) à l’est. Il est couvert d’une voûte plein-cintre (avec un arc en demi-cercle) et ponctué de sept gaines verticales, dont le rôle est incertain : domestique ou défensif ? Le parement extérieur de la galerie, visible depuis la résidence seigneuriale, est particulièrement soigné.

Au XVIe siècle, de nombreux aménagements sont effectués, entraînant des modifications de circulation. Un mur de courtine est construit au-dessus de la galerie, ainsi qu’un escalier en vis. Les gaines verticales sont bouchées et abandonnées. L’espace entre le logis et la galerie est remblayé massivement afin de réaliser une plate-forme extérieure dominant le pont de la ville. Ces aménagements, contemporains du bastion nord-ouest et du cavalier, modifient considérablement l’aspect nord du château.

Vie quotidienne d’une résidence aristocratique

Dans les remblais de la terrasse nord-est, les archéologues ont mis au jour des objets qui témoignent de la vie quotidienne d’une résidence aristocratique de l’époque moderne (XVIe-XVIIe siècles). Parmi eux, de nombreux fragments de céramiques provenant aussi bien de vaisselle de cuisine que de vaisselle de table : lèche-frite, pots à cuire, pichets, assiettes, etc. Un petit flacon intact évoque les soins du corps tandis qu’un fragment d’albarelle (petit vase cylindrique) fait penser à un usage pharmaceutique.

Quelques pièces métalliques ont également été identifiées : une clef à tête losangique, des épingles, un probable cadenas ainsi qu’un jeton de Nuremberg (jeton de comptabilité) mis en circulation entre 1490 et 1550.

Enfin, un lot abondant de carreaux de terre cuite vernissés ou décorés, d’ardoises de schiste ou de tuiles ont été prélevés. Leur étude permettra d’en apprendre davantage sur les techniques de construction, l’utilisation des matériaux à travers les âges et l’évolution des modes décoratives dans les habitats aristocratiques.




Le pôle Archéologie de Grand Patrimoine de Loire-Atlantique et l'INRAP vous proposent de découvrir l'évolution de l'architecture défensive du château de Clisson au travers d'un panneau visible sur le site pendant les travaux.